Anecdotes

Emblématique Gérard Manset
blog thubmnail


Début 1970, le retard accumulé sur le chemin du premier d’une série de concerts en Belgique et le manque d’expérience en conduite automobile m’ont fait perdre le contrôle de ma Ford « Capri » dans un virage. Blessé à la tête et « prématurément défiguré », je n’ai pu reprendre normalement mes activités de « chanteur à succès » qu’au bout d’une bonne année, quand mes cicatrices au visage ont commencé à s’estomper ! Je n’étais pas « montrable » ni en photos ni à la télévision ni dans les radios et encore moins dans les journaux habituels consacrés aux chanteurs populaires et à leurs chansons !

Lorsqu’en 1971 j’étais à nouveau « photographiable », mon directeur artistique, Lee Hallyday, m’a fait comprendre qu’il « ne savait plus quoi faire pour moi » ! En clair, cela voulait dire qu’il n’avait plus de temps à me consacrer ! Et tout en me laissant « tomber tout de go », il m’a présenté Gérard Manset qui tenait absolument à travailler avec moi ! En fait, Lee devait penser qu’avec Gérard je pourrai sans doute regagner le temps perdu !

Pour ma part, ce me semblait être un cas de figure étrange. Car pourquoi un artiste aussi marginal et emblématique que Gérard Manset perdrait-il son temps avec un chanteur de « variétés » comme moi ? Bien des années plus tard, j’en ai eu la réponse : Gérard aimait bien les « vrais chanteurs » ! Il m’a vite mis en confiance car il m’a assuré que Lee lui avait laissé les moyens de produire un album et m’a « mis en demeure de composer moi-même mes chansons ». Lui-même écrirait les textes et assurerait les arrangements et toute la direction artistique !

On a mis une bonne année à réaliser l’album! Sur les dix chansons qui y figurent, huit sont sorties de ma tête, une était une adaptation et la dernière venait d’ailleurs !

Ca a été une formidable expérience de travailler avec Gérard, « Artiste avec un grand A », excellent touche-à-tout artistique et quelque peu mystique sur les bords. On a appelé l’album « Trois pas dans le silence » … et ça a effectivement été le cas, car il a fait un « flop » malgré (ou à cause) une certaine sophistication et, peut être, parce qu’il manquait « LA » chanson populaire que chaque disque se devait de comporter à cette époque. Un album qui compte tant pour moi... avec des merveilles. Une période entre parenthèses magiques !

Après cet album, Gérard a encore assuré la production d’un 45 tours, puis nos chemins se sont séparés. Je ne l’ai revu que bien plus tard, quand il a subitement « surgi d’un chapeau » dans ma loge à l’Olympia en 1988 !



Salutation amicale
Herbert LÉONARD

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